Réflexions sur l’impuissance apprise

« Pendant le confinement, je me reprends en main ! C’est le moment de le faire, j’ai du temps ! Finalement, je ne sais pas trop par où commencer, tant pis. De toute façon, j’ai déjà essayé et j’en suis incapable. »

Plusieurs d’entre nous ont déjà eu ce discours interne, peut-être même plus d’une fois depuis mars 2020 (plus d’1 an, déjà ). La motivation ne vient pas d’elle-même. Il ne suffit pas de la siffler par la fenêtre pour la faire venir. Pour ce qui est de l’impuissance apprise par contre, nous pouvons aisément dire qu’elle s’invite souvent à la fête sans y être invitée . 

Qu’est-ce que l’impuissance apprise ?

Pour comprendre exactement ce qu’implique ce concept, essayons d’en dresser un portrait simple et clair. Pour cela, commençons par couper l’expression en deux : 

  1. Impuissance : incapacité à accomplir quelque chose, une action
  2. Apprentissage : Ensemble des processus de mémorisation permettant d’élaborer des schèmes comportementaux spécifiques sous l’influence de son environnement, mais également de son expérience.

Grossièrement, l’expression « impuissance apprise » s’explique comme suit : c’est un état dans lequel l’individu perçoit toutes actions comme étant vaines, qui considère ses actions automatiquement liées à l’échec.

Les études sociologiques

Ce concept de Learned Helplessness voit le jour en 1975, dans une étude menée par Martin Seligman, psychologue comportementaliste. Pour démontrer la théorie de l’impuissance apprise, le chercheur de renom choisit de travailler avec des groupes de chiens. Différentes équipes construisent alors deux boîtes identiques. Ces boîtes comportent un plancher métallique séparé en deux sur la largeur par un bout de bois, afin que le chien soit capable de traverser d’un côté à l’autre de la même boîte en sautant.

L'impuissance apprise

L’attrape est la suivante : les deux parties de la boîte A reçoivent des petits chocs électriques tandis que seulement une partie de la boîte B en reçoit. Les chercheurs placent donc un chien dans la boîte A. Instinctivement, l’animal change de côté pour trouver un endroit sans choc. Lorsqu’il réalise que les chocs surviennent de part et d’autre de la boîte, il arrête de changer de bord.

Par la suite, les chercheurs installent le chien dans la boîte B, dans la partie déchargeant les chocs. Constatant que l’animal ne cherche pas à changer de côté, les chercheurs confirment la théorie. Le chien se résigne à recevoir des chocs, persuadé que le même sort l’attend de l’autre côté.

Cet exemple illustre bien l’idée de résignation acquise, selon laquelle après plusieurs tentatives vaines, nous arrêtons d’essayer, même si nous pourrions réussir.

Face à cette étude, nous pouvons facilement faire un parallèle précis avec les habitudes de vie. L’impuissance apprise pourrait donc être en partie la fautive de nos échecs pour se remettre en forme, lire plus ou même prendre du temps pour soi. Car oui, l’apprentissage est un processus complexe, et le fait de modifier un comportement ancré l’est encore plus !

Ce qui est important ici, c’est de comprendre le phénomène et d’être conscient que nous pouvons vous aider dans votre quête de changement ! La motivation est en effet au cœur du processus de changement des habitudes de vie.

L’importance de la motivation

Saviez-vous qu’il existe plusieurs formes de motivation ? Si si, pour de vrai.  Deci et Ryan conçoivent notamment 3 grands types : l’amotivation, la motivation extrinsèque et la motivation intrinsèque. Pour comprendre l’ampleur du rôle de la motivation dans le processus de l’impuissance apprise, laissez-nous vous expliquer les différentes catégories. 

L’amotivation

L’amotivation est l’absence totale de motivation. Vous regardez L’auberge du chien noir et vous restez sur votre canapé, sans but précis. 

La motivation extrinsèque

La motivation extrinsèque a plusieurs petites branches à son arbre. Nous avons donc la régulation externe, la régulation introjectée, la régulation identifiée et finalement la régulation intégrée

  • La régulation externe correspond à l’idée d’être motivé par des récompenses matérielles. Par exemple, l’enfant qui a le droit de manger du dessert s’il mange ses légumes.
  • La régulation introjectée s’apparente à l’idée d’être motivé à ne pas ressentir de la culpabilité. L’exemple le plus concret qui nous vient en tête est le fait d’aller faire de l’exercice pour « mériter » le repas de restaurant. Le fait de ne pas avoir bougé avant pourrait créer un sentiment de culpabilité plus désagréable que le fait d’aller courir dehors à -15 °C.
  • La régulation identifiée quant à elle, est en lien avec l’intériorisation du comportement. Par exemple, un jeune homme rêve de devenir joueur de basket-ball professionnel. Il va donc s’inscrire pour faire partie de l’équipe de basket-ball de son école et ainsi atteindre son but. Nous pouvons aussi prendre l’exemple des gens faisant des régimes détox pas très santé pour obtenir le fameux “summer body” au moment de l’été.
  • Concernant régulation intégrée, nous identifions cela par un comportement en lien avec les valeurs de l’individu. Par exemple, un kinésiologue sera actif, car c’est bon pour la santé.

La motivation intrinsèque

Pour finir, nous avons la motivation intrinsèque. Celle-ci s’identifie comme le sentiment d’accomplissement, de satisfaction et de connaissance que nous ressentons à la suite d’une action qui nous remplit de joie. Par exemple, aller faire des randonnées pédestres, car nous aimons l’activité, faire du ski, etc.

Orange Santé – Cap sur l’inspiration, l’équilibre et la motivation !

En lisant ces lignes, vous vous dîtes peut-être que l’impuissance apprise régit un peu trop votre existence et qu’il faudrait changer cela…

Ne vous inquiétez pas ! Nous sommes là pour vous aider à y remédier. Utilisant une multitude de techniques de changement de comportements, nos kinésiologues et nutritionnistes peuvent vous aider à changer de cap. L’activité physique est un moyen particulièrement efficace pour augmenter l’énergie, améliorer le sommeil, l’attention, les autres fonctions cognitives, diminuer le stress !

Nos professionnels de la santé peuvent vous permettre de retrouver la motivation nécessaire pour bouger. Nous encadrons votre démarche, tant au niveau de l’alimentation, de l’activité physique, de la douleur chronique, que du changement d’habitudes de vie !

Si vous désirez en savoir plus sur nos programmes, consultez les différentes sections de notre site web ou contactez-nous pour prendre rendez-vous ! Nous avons toujours du temps pour vous ! Au plaisir de vous rencontrer !

Par Benjamin Morency, Kinésiologue accrédité de la FKQ et naturopathe

Vous avez aimé cette article ? Partagez-le avec vos amis !

Catégories: Articles Kinésiologie

Tags :

Abonnez-vous à notre infolettre

Recevez chaque mois des recettes et articles